La saison marocaine se vend en « octobre à avril ». C'est vrai et ça n'explique rien : ça ne dit pas pourquoi mai vaut mieux que janvier pour un débutant, ni pourquoi août est la pire affaire du calendrier.
L'année a quatre séquences, et deux chiffres les séparent.
Les deux chiffres
La hauteur dit la taille. La période dit d'où ça vient. Au-delà de 12 secondes, ce sont des houles de fond d'Atlantique nord qui réveillent les pointes. À 8 secondes, c'est du clapot local qui laisse les mêmes pointes endormies à hauteur égale.
C'est pourquoi 1,0 m en mai et 1,0 m en décembre ne sont pas la même semaine.
Les quatre séquences
Novembre à février : les pointes
2,2 m à 12,5 secondes, le maximum de l'année, et un vent exploitable 57 % du temps. Anchor Point, Killer Point, Boilers et La Source marchent, souvent ensemble. L'eau descend à 17 °C en février, son plancher.
Le prix : fréquentation et tarifs au maximum, six à huit semaines d'avance, et 49 mm de pluie en décembre. Pour un confirmé, c'est la saison. Pour un débutant, c'est la saison des bancs de sable, pas des pointes.
Mars et octobre : le compromis
1,8 à 2,0 m, presque la même vague, une catégorie de moins en affluence et en prix. Octobre a 21 °C d'eau et 26 °C d'air, mars des journées plus longues et une côte vidée.
C'est la séquence que visent les habitués, et la seule où l'on ne renonce à rien d'important.
Avril et mai : la fenêtre d'apprentissage
La houle tombe à 1,4 puis 1,0 m, la période à 11 puis 8 secondes, et les bancs redeviennent des vagues d'école. Neuf heures de soleil par jour en mai, le maximum annuel, et des prix au plancher.
Si une seule semaine est possible dans l'année et que personne du groupe n'a surfé, elle est là.
Juin à septembre : l'été, et son piège
Juin et juillet tombent à 0,7 m à 8 secondes, le minimum annuel. Septembre remonte à 1,5 m et 11 secondes, et devient le premier mois de la reprise.
Entre les deux se trouve le piège : juillet et août ont la houle de juin et les prix de janvier, parce que les vacances scolaires marocaines et européennes se superposent. La même vague coûte moitié moins en mai, sur une plage vide.
En un tableau
| Séquence | Houle | Période | Affluence | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Nov – fév | 2,2 m | 12,5 s | forte | confirmé, expert |
| Mars, oct | 1,8 – 2,0 m | 11 – 12,5 s | moyenne | intermédiaire et plus |
| Avr – mai | 1,4 – 1,0 m | 11 – 8 s | faible | débutant |
| Juin – sept | 0,7 – 1,5 m | 8 – 11 s | variable | débutant, sauf septembre |
Ce que la saison ne change pas
Elle ne ferme aucun mois aux débutants. Devil's Rock et la baie d'Imsouane restent praticables toute l'année, parce qu'ils sont sur du sable et abrités. Ce que le mois change, c'est la taille des vagues et donc le choix du spot, pas l'accès à l'eau.
Et elle ne change jamais vraiment la combinaison : 17 à 22 °C sur douze mois, une 3/2 mm suffit, une 4/3 mm rend février plus confortable.
Questions fréquentes
Quel mois si je n'en choisis qu'un ?
Octobre. Presque la houle de novembre, des prix moyens, 21 °C d'eau.
Et si je débute ?
Avril, sans hésiter. Mai si le budget compte.
La saison des pluies pose-t-elle problème ?
À peine. Le mois le plus arrosé est décembre, 49 mm sur quatre jours. Ce que l'hiver coûte vraiment, ce sont des heures de soleil : 7,2 par jour en décembre contre 9,6 en mai.
Les douze mois un par un sont dans le guide des saisons.
