L'Espagne est deux pays de surf que rien ne relie, et les confondre est la meilleure façon de rater son voyage.
Au nord, la côte cantabrique regarde plein nord et prend la houle atlantique de face. Le Pays basque, la Cantabrie et les Asturies alignent des beach breaks, des embouchures et quelques pointes qui comptent parmi les meilleures d'Europe. La saison utile va de septembre à avril : c'est là que les dépressions descendent assez bas pour produire quelque chose de sérieux, et c'est aussi là que l'eau réclame une intégrale. L'été y est souvent petit, ce qui en fait paradoxalement la bonne période pour débuter.
Au sud-ouest, la façade atlantique de l'Andalousie fonctionne autrement. Elle est plus abritée, bien plus dépendante du vent, et son intérêt tient largement à ce que le vent y est justement très fiable, au point que Tarifa est devenue une capitale du kite plutôt que du surf. Pour un surfeur, la côte de Cadix offre des jours corrects sans jamais rivaliser avec le nord.
Ce qui rend l'Espagne intéressante depuis la France, c'est la distance. Le Pays basque espagnol est à quelques heures de route de Bordeaux, et une session à Mundaka ne demande pas de prendre l'avion. Hors saison estivale, c'est la destination européenne qui offre le meilleur rapport entre qualité de vague et effort de déplacement.
À qui ça s'adresse : au surfeur intermédiaire qui veut de la vague fiable sans traverser un océan, et au débutant qui vient l'été, quand le nord se calme. Les mois d'hiver, en revanche, ne pardonnent pas l'improvisation.

