Janvier est le mois de référence sur la côte marocaine. Les tempêtes de l'Atlantique nord envoient des houles longues qui arrivent du nord-ouest, la direction exacte dans laquelle s'ouvrent les pointes de Taghazout, et le vent de terre du matin garde les faces lisses. Sur une semaine, la baie d'Imsouane est propre cinq jours sur sept, propre voulant dire une houle surfable avec un vent qui ne la hache pas. Anchor Point et le sable de Tamraght en donnent quatre. Les jours perdus partent dans le vent, presque jamais dans une mer plate.
Le prix de cette régularité, c'est la compagnie. Fréquentation et tarifs sont à leur sommet, et Anchor Point se charge dès qu'une houle est annoncée, avec des rochers dans le line-up pour tout le monde. Hash Point, en haut du village, est à pied de presque tous les lits et se remplit pour cette seule raison. Killer Point reste presque vide : vingt minutes de rame un jour de houle font le tri mieux qu'un panneau.
Hors de l'eau, il fait bon : 21 °C l'après-midi, plus de sept heures de soleil, trois jours de pluie dans le mois. Dans l'eau, c'est l'hiver, à 18 °C, et la combinaison se choisit pour la durée plutôt que pour le mois : une intégrale 3/2 pour un cours, une 4/3 pour trois heures assis au pic. Le trajet, lui, est court. L'aéroport d'Agadir est à trois heures de vol de l'Europe et Taghazout à quarante-cinq minutes de route : vous pouvez être à l'eau l'après-midi de votre arrivée.
Le village choisit votre semaine plus sûrement que la prévision. Taghazout pour les pointes, avec des cafés et des rooftops ouverts jusqu'à minuit et peu d'alcool : on sort dîner, pas faire la fête. Tamraght, cinq kilomètres plus au sud, pour le sable et le calme. Imsouane, deux heures au nord de l'aéroport, pour la baie et un village qui s'endort tôt. Dans les trois, réservez tôt.

